jeudi 19 mars 2015

Canton de Gif-sur-Yvette: réponse des candidat-e-s du Front de gauche, Yveline Delallée et Alban Mosnier

Mesdames, chères amies,
En réponse à votre courrier, nous tenons à affirmer d’une façon forte notre engagement féministe. Pour la première fois, les conseils départementaux vont être paritaires. C’est une avancée considérable qu’il convient de saluer et sur laquelle il faut s’appuyer pour faire progresser l’égalité entre les femmes et les hommes dans toutes les collectivités et sur l’ensemble du territoire.

Nous allons reprendre point par point vos questions :

1)     Oui, si nous sommes élus, l’exécutif du département sera strictement paritaire. Il serait incohérent de saluer le nouveau mode d’élection (binôme composé obligatoirement d’une femme et d’un homme) comme une avancée et de ne pas mettre en pratique la parité pour les postes de vice-présidences.

2)    et 3) L’échelon départemental est pour nous un échelon pertinent pour faire entendre la voix des femmes et leurs exigences en matière d’égalité dans tous les secteurs de la société. Un-e élu-e sera en charge de promouvoir cette exigence, en soutenant les associations qui oeuvrent dans ce domaine et en impulsant des actions dans ce sens. L’observatoire de lutte contre les discriminations, mis en place par le département, doit nous permettre de cibler les actions les plus pertinentes pour adapter les actions à mettre en œuvre, et son action doit être renforcée.  

4)     Les forces réactionnaires s’efforcent, avec acharnement et violence, de revenir sur le droit des femmes à la maternité choisie. De capitulation budgétaire en renoncement idéologique,  ce sont plusieurs centaines de centres IVG et de maternités qui ont été fermés depuis quelques années en France.
À l’inverse, il est de notre devoir d’approfondir le droit à la maternité choisie, qui rencontre encore de trop nombreux obstacles. L’IVG doit être accessible à celles qui en font le choix, dans tous les territoires.
Notre département doit s’engager, y compris sur le plan budgétaire, pour sauver les centres de planification et d’éducation familiale (CPEF) qui sont menacés de fermeture et pour les renforcer, sur le plan de l’équipement comme des personnels. Il faut conforter les moyens de suivi de grossesse dont disposent les services départementaux de Protection maternelle et infantile (PMI), afin que chacune puisse vivre sa grossesse dans les meilleures conditions médicales possibles.
Le Conseil départemental interpellera l’État pour que l’IVG médicamenteuse soit accessible dans tous les CPEF du département, comme le permet désormais la loi, afin d’alléger le parcours du combattant des femmes qui y ont recours.

5)     Oui, le Conseil Départemental doit être exemplaire. L’observatoire de la lutte contre les discriminations doit faire une évaluation de la situation des personnels du Département et donner les orientations pour lutter contre les inégalités encore existantes. Cet « état des lieux » devra ouvrir la voie  pour établir un véritable plan d’égalité professionnelle.

6)     Au-delà de plusieurs centaines de femmes qui meurent sous les coups de leurs conjoints chaque année en France, les violences conjugales empoisonnent le quotidien de milliers d’entre elles.
Dans un pays comme la France, un État de droit pour lequel la sécurité des personnes est une exigence fondamentale, il est inacceptable qu’une telle menace plane sur des milliers de femmes. Il faut faire reculer les violences, tout en permettant aux victimes d’en parler et d’en sortir.
Le département doit engager une campagne permanente de sensibilisation et d’information sur les droits et les interlocuteurs disponibles, à l’intention des scolaires et de l’ensemble des citoyen-ne-s.
Il faut constituer un Observatoire départemental des violences faites aux femmes, permettant de traiter le problème en profondeur et sur la durée.
Le département doit se donner les moyens d’accueillir les victimes et leurs enfants en hébergement d’urgence, leur proposer un accès conventionné au logement social et être partenaire de l’opération Un toit pour elles (offrir un toit aux femmes battues).
Le département doit être un partenaire incontournable du dispositif Téléphone grand danger destiné à la protection des femmes victimes de violence conjugales et qui se trouvent en très grand danger.
Il faut également mener le combat contre les cyber violences à caractère sexiste et sexuel en créant un réseau pour sensibiliser à ce phénomène.

7)     Malgré les lois relatives à l’égalité salariale et professionnelle, le salaire des femmes est encore, en moyenne, inférieur de 30 % à celui des hommes ; elles occupent l’essentiel des temps partiels subis ; un « plafond de verre » persistant limite considérablement la progression de leurs carrières. C’est une injustice inacceptable.
Les entreprises qui bénéficient des aides départementales au développement économique doivent respecter strictement les lois relatives à l’égalité salariale et professionnelle. Les entreprises doivent énoncer clairement les orientations en matière de ressources humaines au service de l’égalité femmes/hommes (mobilité, formation, recrutement, apprentissage…) et les personnels doivent être rendus autant que possible acteurs de l’égalité.

L’accompagnement et le soin des enfants reposent aujourd’hui en grande partie sur les épaules des femmes. Cette situation les contraint à des sacrifices considérables, sur le plan professionnel comme personnel. En cause, évidemment, la répartition inégale des tâches dans la famille, mais aussi les services publics, insuffisants pour répondre aux besoins des ménages, et notamment pour accueillir les jeunes enfants durant les heures de travail.
Les habitantes et les habitants doivent avoir des crèches à leur disposition, en nombre suffisant pour répondre à l’ensemble des besoins et dans des conditions de coût qui permettent à toutes les familles d’y accéder. Ainsi, le Conseil départemental doit contribuer à leur financement à la même hauteur que la CAF et donner les moyens pour ouvrir davantage de places.
Le futur Conseil départemental doit pouvoir participer au financement également de structures d’accueil adaptées selon les âges, centres de loisirs périscolaires, clubs, etc.

8)     Faire avancer l’égalité femme-homme passe aussi par l’éducation. Enseigner aux nouvelles générations la belle idée d’égalité et lutter contre les stéréotypes sera un axe de notre travail.
Il faut mettre l’égalité au coeur des parcours de vie dès l’école maternelle, pour permettre à chacune et à chacun de réaliser ses aspirations.
Le département doit engager de grandes campagnes en faveur de l’égalité des genres dans les collèges et proposer des ateliers, des intervenant-e-s, des initiatives pédagogiques pour sensibiliser à l’égalité de genre et pour également prévenir le cybersexisme.
Les Conseils départementaux des collégien-ne-s, qui sont, pour beaucoup, un premier pas dans l’apprentissage de la citoyenneté, doivent être paritaires et transmettre les valeurs d’égalité aux collégien-ne-s.
Les dates du 8 mars et du 25 novembre seront des points d’appui pour rassembler toutes les forces progressistes qui se battent pour la cause des femmes. Un débat sera engagé avec les associations, les mouvements engagés dans cette cause pour faire de ces deux dates des temps forts de la lutte pour l’égalité.

9)     L’appel des 100 est un formidable outil qui engage toute la collectivité dans une démarche vers l’égalité. Dans notre département, il faudra entreprendre un dialogue avec les communes et les EPCI qui ne sont pas encore dans cet engagement. L’égalité femme-homme est une dimension essentielle à toute démocratie, toutes les collectivités locales doivent en prendre conscience.

Notre volonté déterminée de nous inscrire dans ce combat, oh combien d’actualité, de l’égalité femme-homme, dans tous ses champs d’application ne sera pas entravée par la politique d’austérité imposée par le gouvernement. Mais, il faut être conscient que les missions du département sont gravement menacées par la ponction de 28 milliards que le gouvernement entend opérer d’ici 2017 sur les budgets des collectivités locales.

Ces élections sont pour nous un moyen de créer les conditions pour que les citoyens s’emparent de cette problématique. Notre pays produit d’immenses richesses : il suffit de prendre  les chiffres de l’évasion fiscale et des dividendes reversés aux actionnaires des entreprises du CAC 40 pour se rendre compte qu’une autre politique est, non seulement possible, mais urgente à mettre en œuvre. La richesse nationale doit être mise au service de toutes et de tous.

Soyez assurées, Mesdames, de nos sentiments les plus amicaux.

         Yveline Delallée          Alban Mosnier

Canton de Longjumeau: réponse des candidat-e-s de La Gauche rassemblée (PS-EELV-PRG): Mireille Cuniot-Ponsard et Didier Varenne

Bonjour,

Je vous félicite d'avoir interpellé les candidat-e-s sur la question des droits des femmes.

Par votre charte en 10 points, vous leur rappelez avec force à quel point ils pourraient - pourront - être actifs, et non passifs, sur cette question en tant qu'élu-e-s.

Personnellement je me suis engagée très jeune au service de la cause des femmes. A l'âge de 20 ans j'étais militante dans un "groupe femmes" et au MLAC. J'ai  une sensibilité assez exacerbée aux abus de pouvoirs d'où qu'ils viennent, et à ceux qui se fondent sur la différence homme-femme en particulier. Si jamais je suis élue, j'utiliserai tout ce qui est en mon pouvoir pour lutter contre l'injustice faite aux femmes parce qu'elles sont femmes.

Jérôme Guedj, qui est le seul candidat de la majorité départementale à la présidence du futur conseil départemental, s'est engagé à proposer un exécutif paritaire. Et je le crois. Pour ce qui est des 9 autres points de la charte, je m'engage personnellement à les porter et les soutenir au sein du conseil départemental si j'en fais partie.

Parce que les actions citoyennes courageuses qui se développent ça et là sont essentielles à notre démocratie, et que celle-ci ne doit surtout pas se limiter à une période électorale tous les six ans, je fais le voeu qu'un vrai travail d'équipe s'installe entre acteurs-trices associatifs et élu-e-s.

A très bientôt peut-être donc.

Avec mes très sincères salutations
--
Mireille CUNIOT-PONSARD,
Candidate de la majorité départementale Gauche rassemblée et Ecologistes sur le canton de Longjumeau

Canton des Ulis: réponse des candidat-e-s de La Gauche rassemblée (PS-EELV-PRG), Maud Olivier et Jérôme Cauët

Madame la présidente,

Votre association nous a interpellés, en tant que candidat-e-s aux élections départementales, sur nos engagements en matière d’égalité femmes-hommes.

Voici, point par point, nos réponses à vos 10 propositions :

1- Constitue un exécutif (Vice-président-e-s) paritaire;

On s’y engage !

Jérôme Guedj, seul candidat de la gauche rassemblée à la présidence du Département, s’y est engagé : le nouvel exécutif sera paritaire. La parité de l’Assemblée départementale imposée par les textes n’est qu’une première étape, un levier pour l’égalité. Elle doit s’accompagner d’un véritable partage des postes clés (présidence de commission, délégations stratégiques, …). Nous savons que nous pouvons compter sur Jérôme Guedj, dans la lignée de la politique mise en place dans le précédent mandat, pour aller plus loin que ce que prévoit la loi.

2- Nomme un-e élu-e en charge de l’égalité entre les femmes et les hommes et maintienne voire augmente le budget départemental dédié à cette délégation;

C’est fait et on continue !

Fait rare, le Conseil général de l’Essonne compte une élue en charge aux droits des femmes depuis 2000. Cette délégation a été confiée en 2008 à Maud Olivier avec la lutte contre les discriminations et est devenue une vice-présidence en 2011 à l’investiture de Jérôme Guedj qui a fait de l’égalité femmes-hommes une des trois priorités de son mandat (avec la lutte contre les discriminations et le développement durable).

Le budget dédié à l’égalité femmes-hommes est un des seuls budgets qui a augmenté depuis 2011. Pour 2015, il s’élève à 466 571 €, dont 391 371 € destinés aux associations, partenaires très forts du Département, et 20 000 € pour les collectivités, dans le cadre du Réseau Appel des 100.

Ce budget s’accompagne de moyens humains indispensables à la conduite de cette politique: une chargée de mission égalité femmes-hommes, une chargée de mission dédiée à l’animation du Réseau Appel des 100, une chargée d’études au sein de l’Observatoire départemental de lutte contre les discriminations et de promotion de l’égalité.

Nous défendrons l’augmentation de ce budget en 2016.

3- Poursuive la mise en œuvre du plan d’action départemental pour l'égalité femmes-hommes;

C’est fait et on continue !

Sous l’impulsion de Maud Olivier, un plan d’actions départemental a été élaboré dès 2011, en collaboration avec l’ensemble des directions. Notre objectif : analyser dans une perspective genrée les politiques mises en œuvre et identifier des leviers pour corriger les inégalités. Voté à l’unanimité le 2 juillet 2012, ce plan décliné en 4 grandes orientations et 50 fiche-actions, consacre une politique intégrée de l’égalité avec des modalités de mise en œuvre et d’évaluation clairement définis. Arrivé à terme en janvier 2015 avec son bilan a été présenté au comité stratégique réunissant tous nos partenaires institutionnels et associatifs, puis voté à l’unanimité en Assemblée départementale le 26 janvier 2015. 68 % des actions ont été réalisées, 30 % sont en cours de réalisation et 2% n’ont pas vu le jour.

Jérôme Guedj et Maud Olivier se sont engagés à cette occasion à ce que soit lancé, dès le début de la nouvelle mandature, l’évaluation de ce plan ainsi que l’élaboration d’un nouveau.

4- Agisse pour qu'un nombre suffisant de centres de planification fonctionnent avec de réels moyens d'accueil et de conseil auprès des femmes, en valorisant la contraception par sa gratuité, et que l'interruption volontaire de grossesse soit accessible à toutes;

C’est fait et on continue !

Vice-président du Conseil général en charge des familles, de la protection de l'enfance et de l'action sociale, Jérôme Cauët est responsable des 63 Centres de protection maternelle et infantile et des 5 centres de planification et d’éducation familiale.  
Ces centres bien repérés par la population, et notamment les jeunes, permettent à toutes et tous un accès gratuit et facilité aux consultations en matière de contraception, gynécologie, pédiatrie et d’aide à la parentalité.
Les conseillères conjugales et familiales se déplacent dans 100% des collèges pour des séances d’éducation à la sexualité à destination des élèves de 4èmes. A cette occasion le livret « Questions d’ados » du Conseil général leur est remis afin de répondre à toutes les questions qu’ils n’osent poser à leur entourage sur le rapport à l’autre, la contraception, l’adolescence, les relations filles-garçons…
Depuis le 31 mars 2014, pilule, stérilet et implants hormonaux sont désormais intégralement remboursés et accessibles dans les CPEF. Avec la mise en place, par le Conseil général, des préservatifs gratuits pour les 16-18 ans dans 220 pharmacies volontaires, la contraception est désormais gratuite pour les 16-18 ans en Essonne !
Parce que la liberté de disposer de son corps est un préalable à l’égalité femmes-hommes, Jérôme Cauët a également soutenu le développement des IVG médicamenteuses à domicile, accompagnées par les 12 PMI du Département désormais dotés d’échographes.

Ce sont des choix politiques de la majorité actuelle pour une contraception libre et gratuite, pour faciliter l’avortement des femmes qui en font le choix. Il est évident, au vu des prises de position récente de la droite et de l’extrême-droite contre l’avortement, que seule la gauche rassemblée poursuivrait ces politiques.
5- Fasse du Conseil départemental un employeur exemplaire en élaborant un plan
d'égalité professionnelle ;
On s’y engage !
Le rapport de situation comparée, obligatoire dans le secteur privé depuis 1983 est étendu à l’ensemble de la Fonction publique par le protocole d’accord du 8 mars 2013. Dès l’entrée en vigueur de la loi, le Département a travaillé à son rapport de situation comparée, fruit de la collaboration entre la direction des ressources humaines et l’Observatoire départemental de lutte contre les discriminations et de promotion de l’égalité. Ce RSC permet de dresser un diagnostic en matière de salaires, de répartition dans les filières et grades et de primes. Il a été présenté en commission technique paritaire et fera l’objet d’un groupe de travail avec les organisations syndicales.

Aujourd’hui les femmes représentent 75 % de l’effectif départemental, 40% des postes de direction et 33% de l’encadrement supérieur de la direction générale (contre 0% en 2012).  Si la rémunération nette moyenne des femmes est inférieure de 4% à celle des hommes au Conseil général de l’Essonne, cet écart est bien en deçà des 10 % de moyenne au niveau national.

Néanmoins de nombreux efforts restent à faire, notamment en matière de plafond de verre ou de ségrégation horizontale : 100 % des postes de catégorie C des filières sociales et médico-sociales sont occupées par des femmes.

La généralisation du CV anonyme pour tous les recrutements du Conseil général est une première piste puisqu’elle a permis de faire progresser le taux de sélection des femmes en jury de 14% à 29%.

Nous nous engageons par ailleurs à soutenir la mise en œuvre d’un plan d’égalité professionnelle en 2015 car le Conseil général, engagé en matière d’égalité femmes-hommes, se doit d’être exemplaire dans sa gestion des ressources humaines en interne.

6- Lutte contre les violences faites aux femmes et accompagne les victimes.
C’est fait et on continue !
La majorité départementale défend une approche globale de la lutte contre les violences :

- prévention des violences sexistes par la sensibilisation à l’égalité filles-garçons en collèges et lycées,
- subventions et soutien aux associations qui accompagnent les femmes victimes de violences et notamment Parole de Femmes à Massy, LEA à Yerres, Femmes Solidarités 91 qui gère un centre d’hébergement d’urgence, FIA-ISM qui accompagnent les femmes issues de l’immigration, ….
- financement du téléphone d’alerte pour femmes en très grand danger en partenariat avec la Préfecture, le Conseil régional et le Tribunal de grande instance : chaque année, 10 téléphones sont attribués en lien avec les associations spécialisées,
- formation des travailleurs/travailleuses sociaux du Conseil général : 9 jours de formation, 104 agents formés depuis 2011,
- parce qu’il est inadmissible que les femmes victimes qui entament des procédures judiciaires se voient contraintes de quitter leur domicile en urgence, nous encourageons l’éviction du conjoint violent en finançant l’Association pour le Contrôle Judiciaire en Essonne. L’ACJE mène un travail inédit de responsabilisation des auteurs de violences et organise l’hébergement provisoire de ces hommes,
- parce qu’elle est la plus extrêmes des formes de violences faites aux femmes, le Département, sous l’impulsion de Maud Olivier, est fortement engagé pour l’abolition de la prostitution. Nous soutenons des associations qui accompagnent des personnes en situation de prostitution (Mouvement du nid et Amicale du nid), formons des professionnels au repérage des situations prostitutionnelles et promouvons des actions de sensibilisation. Une campagne d’information grand public a d’ailleurs été lancée fin 2014 et reçu un écho très positif. Symbole de notre engagement, nous avons accueilli Rosen Hicher lors de l’étape de sa marche pour l’abolition de la prostitution, à Evry le 10 octobre 2014.

Enfin, le logement et l’hébergement d’urgence sont sans aucun doute une urgence pour les femmes victimes, c’est pourquoi nous avons :
- financé à hauteur de 50 000 € annuels les 52 places d’hébergement d’urgence gérées par Femmes solidarités 91 sur 17 sites du département, dans le cadre d’une convention pluriannuelle ;
- mis à disposition gratuitement un terrain départemental pour la construction de logements sociaux à Massy, 5 seront réservés à des femmes victimes de violences ;
- lancé un appel à initiatives afin d’inciter les collectivités à réserver un ou plusieurs logements de leur contingent à des femmes victimes de violences.

Nous maintiendrons les subventions aux associations qui accompagnent au quotidien les femmes victimes de violences et nous engageons à poursuivre l’effort pour la création de nouvelles places d’hébergement d’urgence sur le département.

7- Fasse de chaque politique publique un levier pour l’égalité.
C’est fait et on s’y engage !
Le plan d’actions départemental 2012-2015 pour l’égalité femmes-hommes est transversal : il concerne tous les domaines de l’action publique, y compris ceux pour lesquels l’impact genré semble moins évident tel que l’urbanisme, la coopération décentralisée, l’éducation, la culture…Cette approche en terme de genre concerne toutes les étapes, de l’élaboration à l’évaluation des politiques, en passant, évidemment, par leur mise en œuvre.

Pour répondre à vos questions et sans détailler les 50 fiches du plan, nous pouvons préciser :
- sur les places en crèches : Jérôme Cauët promeut fortement le soutien aux crèches parentales et le financement des communes pour la création de places. Depuis 2011, 1300 places ont ainsi été crées.

Nous nous engageons à ce que 1000 places supplémentaires soient crées très rapidement, dès le début de notre mandat.

- sur la visibilité des femmes dans l’espace public : nous avons justement choisi de consacrer à cette thématique le colloque organisé à l’occasion de la journée internationale de lutte pour les droits des femmes. Cette journée intitulée « Les femmes sont dans la place ! » a permis un état des lieux et de dégager des perspectives sur une thématique innovante et qui engage particulièrement les collectivités. Elle a rencontré un franc succès et plusieurs associations souhaitent développer des projets en la matière.

Nous nous engageons à ce qu’un groupe de travail associant les partenaires associatifs et institutionnels soient crées sur le thème « genre et ville ». Nous réfléchissons par ailleurs à une conditionnalisation du financement des équipements sportifs et d’aménagement urbain. Ceux ci devront présenter une étude d’impact genré et prévoir des dispositifs pour encourager la participation des filles et des femmes.

8- Implique les acteurs locaux et la population, pour parler et faire parler d’égalité.

C’est fait et on continue !

Si l’égalité femmes-hommes se conquiert toute l’année, les journées symboliques du 8 mars et du 25 novembre sont des moments incontournables pour le Conseil général. Sous l’impulsion de Maud Olivier, ces rencontres grand public, parfois accompagnées d’une campagne d’affichage sur les abribus du département, permettent de faire émerger des thématiques dans le débat public.

Néanmoins nous n’envisageons aucunement ces colloques comme des « coups » médiatiques mais plutôt comme une impulsion pour démarrer un travail sur le long terme avec les acteurs concernés. C’est ce que nous avons fait suite au colloque « Féminin/masculin : littérature stéréotypé » organisé le 8 mars 2013, ou suite à la rencontre « Lutte contre la prostitution : responsabiliser le client » du 25 novembre 2012.

Nous nous engageons à poursuivre l’organisation de ces rendez-vous marquants pour l’égalité entre les femmes et les hommes, à les rendre visibles et ouverts au plus grand nombre.

9- Incite les collectivités essonniennes à s'engager davantage pour l'égalité.

C’est fait et on continue !

Comme vous pouvez vous en douter, Maud Olivier, à l’origine du Réseau Appel des 100 lancé le 8 mars 2011, souhaite le maintenir et l’amplifier. Ce réseau est un des symboles de la réussite de la politique en matière d’égalité femmes-hommes de notre majorité. Ce dispositif vise à faire progresser l’égalité en incitant les collectivités essonniennes à s’engager dans cette démarche, dans leur institution et sur leur territoire, notamment par la signature de la Charte européenne pour l’égalité entre les femmes et les hommes dans la vie locale.

Force est de constater, alors que nous fêtons les 4 ans de ce réseau, que ce pari est réussi :
- depuis le 8 mars 2015, l’Essonne compte 40 collectivités signataires de la Charte, soit un quart des signataires au niveau national,
- 132 collectivités ont nommé un référent en interne, conformément aux nouvelles obligations introduites dans les contrats de partenariat CG/collectivités. Preuve s’il en faut que la conditionnalisation des aides est un véritable levier pour l’égalité,
- 25 collectivités ont bénéficié d’un accompagnement individuel, notamment pour la préparation de leur plan d’actions,
- 13 sessions de formations gratuites ont réunies près 100 référents,
- 1 séance de rentrée annuelle est désormais organisée.

Une chargée de mission s’occupe à plein temps d’animer ce Réseau.

Réélu conseillers départementaux, nous soutiendrons bien évidemment la poursuite de cette dynamique et encouragerons les collectivités à s’en emparer. Il s’agit maintenant de les encourager dans l’élaboration de plans d’actions pour que leur engagement s’inscrive dans la durée.

10- Innove et développe de nouvelles actions pour l'égalité femmes-hommes.

On s’y engage !
En tant que candidat-e-s féministes engagé-e-s pour l’égalité femmes-hommes, nous souhaitons amplifier l’action du Département en la matière.

Nous souhaitons notamment développer :

- une approche genrée du budget de la collectivité : nous le savons, les finances publiques ne sont pas neutres et peuvent même parfois générer des inégalités. Notre approche intégrée du genre pourra concerner les budgets, notamment en terme de financement d’infrastructures publics ou au regard des bénéficiaires des actions subventionnées ;

- la mixité des métiers proposés dans le cadre des parcours d’insertion : la ségrégation des métiers résulte des orientations scolaires des filles et des garçons mais aussi d’une vision stéréotypée des professionnels de l’emploi, notamment auprès des personnes très éloignées de l’emploi. Le CG91 a une politique pro-active en matière d’insertion ; nous souhaitons sensibiliser les entreprises d’insertion et de travail intérimaire afin d’encourager la mixité des filières, en particulier pour les femmes peu qualifiées trop souvent automatiquement dirigées vers des métiers précaires de services à la personne (ménage, gardes d’enfants, restauration collective, …) et aux horaires fractionnés.

- comme dit plus haut et parce que notre collectivité se doit d’être exemplaire, nous mettrons en place un plan pour l’égalité professionnelle en interne.

- enfin, nous souhaitons travailler aux côtés des services de l’État afin d’améliorer le suivi du parcours des femmes victimes de violences, de leur premier contact avec les forces de l’ordre en passant par l’accompagnement avec les services sociaux et les associations spécialisées, jusqu’à l’issue de la démarche judiciaire si elles souhaitent poursuivre leur agresseur. Il ne doit plus y avoir de femmes victimes laissées seules sans soutien et sans réponse. L’actuelle majorité s’est toujours engagée sur cette question. Nous soutiendrons une augmentation du budget alloué à la lutte contre les violences faites aux femmes si nous sommes élu-e-s conseiller-e-s départementaux du Canton des Ulis.

- l’Observatoire départemental de lutte contre les discriminations et de promotion de l’égalité travaille depuis plusieurs mois sur une enquête sur les violences sexistes et sexuelles auprès des collégien-ne-s de l’Essonne. Notre objectif est de cibler les thématiques prioritaires, sensibiliser la communauté éducative à cette problématique et leur proposer des formations pour mieux accompagner les jeunes filles victimes et prévenir ces situations. Nous soutiendrons cette initiative auprès des services de l’Éducation nationale et débloquerons des financements pour que des associations puissent mettre en place des actions de prévention.

              Maud Olivier Jérôme Cauët


Canton de Yerres: réponse des candidat-e-s de La Gauche rassemblée (PS-EELV-PRG), Élodie Jauneau et Kile Olivier Yenge

Osez le féminisme 91 nous interpelle pour prendre connaissance de nos engagements en faveur de l’égalité femmes-hommes. Retrouvez ci-dessous notre réponse.

Pour la première fois, ce scrutin binominal permettra aux conseils départementaux d’être strictement paritaires. Il s’agit là d’une avancée considérable que nous défendons chaque jour auprès de nos concitoyen-ne-s. Nous l’avons défendue lorsqu’elle a été actée, nous la défendons aujourd’hui encore, mais nous nous engageons également à la défendre et à la promouvoir une fois élu-e-s.

Afin de poursuivre la lutte contre les inégalités persistantes entre les femmes et les hommes, contre les stéréotypes, contre les discriminations, contre les violences faites aux femmes et pour la mixité, nous nous engageons à :
  1. Constituer un exécutif (Vice-président-e-s) paritaire
  2. Nommer un-e élu-e en charge de l’égalité entre les femmes et les hommes
  3. Poursuivre la mise en œuvre du plan d’action départemental pour l’égalité femmes-hommes
  4. Défendre et valoriser la contraception par sa gratuité, et rendre accessible à toutes l’interruption volontaire de grossesse
  5. Faire du Conseil départemental un employeur exemplaire en élaborant un plan d’égalité professionnelle
  6. Lutter contre les violences faites aux femmes et accompagner les victimes
  7. Faire de chaque politique publique un levier pour l’égalité
  8. Impliquer les acteurs locaux et la population, pour parler et faire parler d’égalité
  9. Inciter les collectivités essonniennes à s’engager davantage pour l’égalité
  10. Innover et développer de nouvelles actions pour l’égalité femmes-hommes
Elodie Jauneau & Kile Olivier Yenge
Fabienne Gabbanelli & Philippe Kerbiriou

mardi 10 mars 2015

Elections départementales: OLF 91 demande aux candidat-e-s de s'engager pour l'égalité femmes-hommes

Osez le féminisme 91 interpelle les candidat-e-s aux élections départementales pour qu'ils et elles s'engagent concrètement pour l'égalité femmes-hommes.  

Vous pouvez participer en téléchargeant le courrier-type à envoyer aux candidat-e-s de votre canton. 


Lors des prochaines élections départementales les 22 et 29 mars 2015, pour la première fois, le scrutin binominal permettra de constituer des assemblées départementales strictement paritaires et nous saluons cette avancée. 

Osez le féminisme 91, en tant qu’association départementale ayant pour objet de faire progresser l’égalité en Essonne, interpelle les candidat-e-s pour qu’ils/elles s’engagent concrètement à mettre en œuvre des actions favorisant l’égalité entre les femmes et les hommes.
Si l’égalité des droits est en passe d’être acquise, les inégalités entre les femmes et les hommes persistent. Ce sont les actions concrètes, visant à déconstruire les stéréotypes, à privilégier la mixité, et à veiller à ne pas exclure indirectement les femmes du bénéfice de politiques publiques ou de l’espace public, qui permettront de réduire ces inégalités et améliorer le vivre-ensemble.
1 femme sur 10 est victime de violences en France. Cela représente plus de 47.000 femmes en Essonne. Au-delà des discriminations directes dans l'emploi, les inégalités professionnelles sont entretenues par la reproduction de stéréotypes sexués à la crèche, à l’école et à la maison qui poussent filles et garçons à se diriger vers des études différentes. Dans la fonction publique territoriale, on compte 18 % d’écart de salaire entre les femmes et les hommes, près de 20% dans le privé. Chez nos aîné-e-s, les femmes ont une retraite de 40% inférieure à celle des hommes. En moyenne, dans les quatre villes préfectorale ou sous-préfectorales du département, seulement 8% des rues ou places portant un nom portent celui d’une femme.
Non, nous ne vivons pas dans un pays égalitaire !  Et le changement vers plus d’égalité tient avant tout à des choix politiques. Le département, par l’étendue de ses compétences et par sa proximité avec les habitant-e-s, a un rôle important dans la concrétisation de l’égalité femmes-hommes. Depuis plusieurs années, des politiques importantes sont menées en Essonne, et reconnues comme pertinentes au niveau national. Il est de la responsabilité des élu-e-s, d’utiliser les moyens à leur disposition pour faire diminuer les discriminations et les inégalités.
Nous demandons à ce que les candidat-e-s s'engagent formellement à :
  1. Constituer un exécutif (Vice-président-e-s) paritaire;
  2. Nommer un-e élu-e en charge de l’égalité entre les femmes et les hommes et maintenir voire augmenter le budget départemental dédié à cette délégation;
  3. Poursuivre la mise en œuvre du plan d’action départemental pour l'égalité femmes-hommes;
  4. Agir pour qu'un nombre suffisant de centres de planification fonctionnent avec de réels moyens d'accueil et de conseil auprès des femmes, en valorisant la contraception par sa gratuité, et que l'interruption volontaire de grossesse soit accessible à toutes;
  5. Faire du Conseil départemental un employeur exemplaire en élaborant un plan d'égalité professionnelle : l’égalité professionnelle, ce n’est pas que pour les autres ! Le Département est un employeur important. Si la fonction publique territoriale est majoritairement féminine, les postes à responsabilité restent surtout occupés par des hommes, les temps partiels subis sont le plus souvent occupés par les femmes, et les différences de régimes indemnitaires entre les filières techniques ou administratives créent à grade égal des inégalités salariales.
  6. Lutter contre les violences faites aux femmes et accompagner les victimes. Les permanences d’accueil des femmes victimes de violences sont indispensables ! Les femmes doivent pouvoir être écoutées et protégées partout dans le département. Le Conseil départemental doit aussi promouvoir la formation des personnels, notamment de primo-accueil, des services sociaux et éducatifs. Identifier une victime potentielle, savoir écouter et orienter, c’est la base et ça peut sauver des vies. Vous engagez-vous également à réserver des logements pour les femmes victimes de violence et à développer les accueils d'urgence, toujours insuffisants?
  7. Faire de chaque politique publique un levier pour l’égalité. S’interroger sur les impacts d’une décision pour l’environnement est (presque) devenu un réflexe. Il doit en être de même pour l’égalité femmes-hommes ! Petite enfance, éducation, culture, sport, transport, insertion, grand âge : partout, on peut faire progresser les droits des femmes et l’égalité. Le Département doit notamment favoriser la création de places en crèches, pour faciliter le retour à l’emploi des femmes. En France, 60% des enfants de 0 à 3 ans sont gardés par l’un de leurs parents. Le plus souvent (94%), la mère… Les femmes doivent également être visibles dans l'espace public. Nommer des équipements de noms de femmes permet de rendre visible l’action des femmes dans l’Histoire.
  8. Impliquer les acteurs locaux et la population, pour parler et faire parler d’égalité. En Essonne, le réseau institutionnel et associatif engagé pour les droits des femmes est très actif et participe à l'action départementale. Vous engagez-vous à continuer en ce sens et comment? Le 8 mars, journée internationale des droits des femmes, et le 25 novembre, journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, sont des occasions de faire progresser la sensibilisation et l’action en faveur de l’égalité: qu'allez-vous faire pour que ces journées soient visibles et sensibilisent la population dans le département?
  9. Inciter les collectivités essonniennes à s'engager davantage pour l'égalité. Toutes les collectivités d'un département, quelle que soit leur taille, peuvent agir concrètement pour l’égalité femmes-hommes.  Un réseau, l'Appel des 100, a été créé par le Conseil général pour former les élu-e-s, accompagner et financer leurs actions. Votre équipe développera-t-elle ce réseau et maintiendra-t-elle ces actions?
  10. Innover et développer de nouvelles actions pour l'égalité femmes-hommes.
 

Osez le féminisme 91 a écrit aux fédérations de tous les partis engagés dans les élections départementales, ainsi qu'aux binômes candidat-e-s dont les coordonnées sont disponibles. Ces réponses seront publiées sur les réseaux sociaux et sur notre site Internet : http://www.osezlefeminisme91.blogspot.com. Les courriers-types sont mis à la disposition des Essonnien-ne-s sur ce même site pour qu'ils/elles interpellent leurs candidat-e-s dans toute l'Essonne.

 

mardi 27 janvier 2015

Réunion OLF 91 à Evry le 4 février

Venez nombreuses et nombreux à la prochaine réunion d'OLF 91, le 4 février à Evry (adresse sur demande auprès de osezlefeminisme91@gmail.com) à 20h. C'est ouvert à tout-es et tous ! 

Au programme:
  • le quart d'heure contre le sexisme !
  • la petite histoire de...
  • la suite de notre formation débat "Grands combats féministes: IVG, Viol, Prostitution, mais qu'est-ce qu'elles veulent encore ?!!!"

dimanche 18 janvier 2015

CP: une fresque représentant un viol collectif pour punir la loi santé ? Le conseil de l'ordre des médecins doit agir !

Article d'Osez le féminisme (national):

Hier matin, sur le Facebook de « Les médecins ne sont pas des pigeons » un homme a posté la photo d’une salle de l'internat de Clermont-Ferrand où l'on voit une femme subir un viol collectif. L’un des agresseurs lui dit « Tiens, la loi Santé ! ». Le post public a depuis été supprimé. Osez le féminisme demande au Conseil de l’ordre des Médecins de réagir au plus vite, de faire supprimer cette fresque et de sanctionner ceux qui en sont responsables.

Des -futurs- médecins y utilisent la représentation d’un viol pour montrer leur mécontentement vis-à-vis d’une Ministre et de sa loi. Les bulles ajoutées sur la fresque sembleraient indiquer que la femme violée, habillée en Wonder Woman, symbolise à leurs yeux la Ministre de la santé. C’est une menace misogyne en sa direction. Le viol est une technique machiste d’anéantissement des femmes. Pour les auteurs de ces bulles, une ministre, c’est avant tout une femme : un sous-être que l’on peut punir, dominer et s’approprier si elle mécontente leurs désirs - ou leurs revendications politiques.

Rappelons que le viol est un crime massif : en France, chaque année, 75 000 femmes majeures sont violée. Le viol est également massivement impuni. Il faut lutter contre ce type de représentations « grivoises » de crimes patriarcaux pour en finir avec la culture du viol, et l’impunité des coupables de ces crimes. Ces représentations érotisent des violences extrêmes. Elles promeuvent l’idéologie oppressive qui les motive : celle de la déshumanisation des filles et des femmes. Sous couvert de « sexualité » de « liberté » de « gauloiserie », elles constituent une incitation à dégrader des femmes.

Nous demandons donc au Conseil de l’Ordre des Médecins de réagir rapidement et fermement :
1. D’agir contre les auteurs ou commanditaires de cette fresque et des bulles (qui ont été rajoutées), qui contrevient très clairement aux premiers articles du code de déontologie médicale en France. L’article 2 et l’article 3 du code de déontologie médicale ( art R4127-2 et l’article R4127-3 du code de la SantéPublique) indiquent respectivement « Le médecin, au service de l'individu et de la santé publique, exerce sa mission dans le respect de la vie humaine, de la personne et de sa dignité » et « Le médecin doit, en toutes circonstances, respecter les principes de moralité, de probité et de dévouement indispensables à l'exercice de la médecine. »
2. De mener un travail visant à sensibiliser les médecins, les étudiant-es en médecine et à effacer les fresques représentant des violences faites aux femmes qui existeraient dans d'autres internats liés à des hôpitaux publics ou dans des salles de garde. La mission des médecins est de soigner, y compris des femmes, y compris des femmes victimes de violences machistes. Les violences faites aux femmes par des hommes, leur caractère massif et la gravité de leurs effets sont ici niés, par ceux qui sont parmi les premiers interlocuteurs des femmes victimes de violences masculines lorsqu’elles viennent chercher secours. La présence de ce genre de fresque fragilise durablement la confiance que les femmes peuvent avoir dans leur praticien. Pouvons-nous raisonnablement laisser des personnes qui vont jusqu’à faire peindre ainsi un viol en réunion dans leurs lieux de vie, exercer la médecine, s’occuper de personnes en état de vulnérabilité ?

Osez le Féminisme a envoyé un courrier au Conseil de l’Ordre des Médecins d’Auvergne.

vendredi 16 janvier 2015

Plan IVG - un progrès pour le droit des femmes à disposer de leur corps

Communiqué de presse des Féministes en mouvements du vendredi 16 janvier 2015 :

Madame Marisol Touraine, Ministre des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes, vient de rendre public son plan IVG. Les Féministes en Mouvements se félicitent de voir certaines des revendications portées par les associations féministes depuis de nombreuses années, reprises par Madame Marisol Touraine.

Après la création du site www.ivg.gouv.fr et la promulgation de la loi pour l'égalité réelle femmes-hommes, qui supprime la clause de détresse, de nouvelles mesures progressistes sont prises en faveur de l'avortement :
- garantir une meilleure information des femmes, avec la création d'une plateforme téléphonique dédiée,
- lutter contre les inégalités territoriales dans l'accès à l'IVG, en poussant les ARS à se doter de plans régionaux adéquats,
- rembourser réellement à 100% l'avortement, avec la prise en charge par la sécurité sociale des actes médicaux annexes,
- donner la possibilité aux sages-femmes de réaliser des IVG médicamenteuses et autoriser la pratique des IVG instrumentales dans les centres de santé.

Alors qu'une récente étude de l'INED révèle que 33% des femmes ont recours au moins une fois à l'IVG dans leur vie, ces mesures consacrent l'idée que l'avortement fait partie de la vie des femmes, et qu'il convient de cesser de le considérer comme un acte grave, que la femme devrait vivre dans la culpabilité.

Toutefois, les Féministes en Mouvements regrettent de ne voir aucune mesure visant à rouvrir les quelques 130 centres d'IVG qui ont fermé depuis 2004. Dix années de politiques libérales en matière de santé publique ont causé des dégâts, dont les femmes ont fait les frais. Si la pratique des IVG médicamenteuses par les sages-femmes peut être une solution, elle ne doit pas nous faire oublier que les centres d'IVG doivent avoir leur place dans tous les hôpitaux publics. Sans cela, les délais d’attente continueront d’être problématiques : l’IVG médicamenteuse ne se pratique qu’avant 7 semaines. Le choix entre IVG médicamenteuses et chirurgicales doit être possible pour les femmes. Les procédures proposées de prise en charge pour IVG entre 10 et 14 semaines d'aménorrhée ne sauront suffire. Rappelons que 2 000 Françaises partent avorter à l’étranger chaque année faute de place.

Enfin, les Féministes en Mouvements appellent Madame Marisol Touraine à s'engager pour faire de l’avortement un droit humain fondamental. En France, ce n’est pas le cas. Elle doit avoir le courage de toucher aux derniers héritages de la période Veil que sont le délai de réflexion (qui est de 7 jours) et la clause de conscience des médecins. Il est temps d’en finir avec ces archaïsmes et de faire du droit à l’IVG un droit humain fondamental. Sans cela, ce droit pourra être remis en cause lors d’un changement de majorité, comme il a failli l’être en Espagne sous la pression des conservateurs.

De très nombreux pays interdisent totalement ou partiellement le droit à l'IVG, y compris au sein de l'Union Européenne. La France n'est pas seulement la patrie des droits de l'Homme : elle doit aussi être celle des droits des femmes. Elle doit porter haut et fort le projet d'un droit à l’avortement garanti pour toutes en Europe ! Les Féministes en Mouvements ne manqueront pas d'interpeller Madame Touraine à ce sujet lors du grand événement qu'elles organisent pour les 40 ans de la loi sur l'avortement, le samedi 17 janvier, à la mairie du 4ème arrondissement de Paris.

Osez le féminisme